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Version française:
Réunion internationale de coordination pour la mise en place d’un système d’alerte aux tsunamis et d’atténuation de leurs effets dans l’océan Indienà l’intérieur d’un cadre mondial
Siège de l’Unesco, Paris, 3–8 mars 2005
COMMUNIQUÉ
(Tel qu’adopté le 8 mars à 20 h 15)
Nous, participants à la Réunion internationale de coordination pour la mise en place d’un système d’alerte aux tsunamis et d’atténuation de leurs effets dans l’océan Indien à l’intérieur d’un cadre mondial, tenue à l’UNESCO, Paris, du 3 au 8 mars 2005 :
Conscients du fait que le récent tsunami du 26 décembre 2004 dans l’océan Indien, l’un des plus violents du monde, a provoqué des dommages comparables à des calamités nationales dans l’océan Indien. Ce fut le plus meurtrier de tous les temps, d’une magnitude inégalée, qui a suscité une réaction de solidarité de l’ensemble de la communauté mondiale ;
Nous référant à l’orientation donnée et aux conseils prodigués par la réunion spéciale des responsables de l’ASEAN à Djakarta, le 6 janvier 2005, à la Conférence des Nations unies sur les petits États insulaires en développement réunie à Port-Louis le 14 janvier 2005, à la résolution 59/279 de l’Assemblée générale des Nations unies tenue à New York le 19 janvier 2005, à la Déclaration commune de la session spéciale sur le cataclysme de l’océan Indien et au Cadre d’action de Hyogo pour 2005–2015, adoptés tous deux le 22 janvier 2005 par la Conférence mondiale de Kôbe sur la prévention des catastrophes, à la Déclaration ministérielle de Phuket du 29 janvier 2005, au communiqué du Groupe ad hoc sur l'observation de la Terre (GEO) de Bruxelles, en date du 16 février 2005, et aux réunions techniques tenues en Inde et en Chine ;
Conscients de la nécessité de mettre en place dans l’océan Indien un système d’alerte aux tsunamis et d’atténuation de leurs effets afin de tirer le meilleur parti — grâce à la coopération internationale et à la coordination des activités — de tous les procédés permettant de réduire les conséquences des catastrophes, comme l’évaluation des risques, la détection et l’alerte, la prévention et enfin la recherche ;
Notant que si les tsunamis ne sont pas fréquents dans l’océan Indien, il peut toutefois s’en produire à tout instant et qu’ils peuvent être très destructeurs, comme ce fut le cas le 26 décembre 2004. C’est pourquoi, pour être efficace, un système d’alerte aux tsunamis et d’atténuation de leurs effets dans l’océan Indien doit être durable ;
Notant qu’il est indispensable de faire progresser les connaissances concernant l’émission d’avis d’alerte aux tsunamis afin d’éviter les fausses alarmes, étant donné la gêne considérable et l’interruption des activités courantes qu’ils provoquent, compte tenu notamment de la forte densité de la population et de l’intensité des activités dans les zones côtières de l’océan Indien, tout en poursuivant les recherches pour améliorer la prévision ;
Conscients du fait que l’impact des tsunamis peut être très sensiblement atténué par des dispositifs institutionnels et réglementaires ainsi que par la participation des communautés, ce qui suppose que les alertes aux tsunamis parviennent jusqu’aux communautés locales par de multiples canaux et soient compris par tous, afin que la population soit parfaitement informée et motivée pour respecter les consignes et les conduites sécuritaires ;
Conscients de ce que les programmes d’atténuation des tsunamis auront tout à gagner à des partenariats entre autorités nationales, secteur privé et société civile ;
Recommandons que l’Assemblée de la COI établisse, conformément à son règlement intérieur, un Groupe intergouvernemental de coordination du Système d’alerte aux tsunamis et d’atténuation de leurs effets dans l’océan Indien (GIC/SATOI), qui gèrera le système. Ce Groupe sera composé des États membres intéressés de la COI dans la région de l’océan Indien. Tous les autres membres de la COI, ainsi que les organisations internationales et régionales concernées sont les bienvenus pour y participer en tant qu’observateurs ;
Recommandons que le Secrétariat de la COI serve de secrétariat au Groupe intergouvernemental de coordination du SATOI ;
Estimons que le SATOI devrait constituer un réseau coordonné de systèmes et de capacités nationales et que tous les atouts en jeu devraient être possédés et mis en œuvre par les États membres qui les abritent ou qui en prennent la responsabilité d’une manière ou d’une autre ;
Convenons que les États membres devraient être maîtres de la décision d’émettre ou non des alertes à l’intérieur de leurs territoires respectifs ;
Convenons que les États membres devraient sensibiliser le public en lui dispensant une éducation appropriée et en renforçant ses capacités afin qu’il soit correctement préparé et connaisse la conduite à tenir en cas d’alerte aux tsunamis ;
Recommandons , afin de favoriser sa permanence, que le SATOI utilise les organisations et les institutions existantes ou s’appuie sur elles et qu’il complète les dispositifs existants d’alerte, si nécessaire, dans l’optique de risques multiples ;
Recommandons que chaque État membre de l’océan Indien choisisse rapidement et crée un Centre national d’alerte aux tsunamis ou nomme un point de contact opérationnel dans l’agence compétente responsable, en même temps que son plan d’organisation afin d’être en mesure de recevoir 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 les bulletins d’alerte et d’y réagir en diffusant rapidement ses bulletins d’alerte ;
Recommandons que chaque État membre de l’océan Indien nomme un point focal national de gestion des catastrophes naturelles chargé de renforcer l’éducation du public au sujet des tsunamis, dans une optique de risques multiples, selon les circonstances ;
Recommandons que tous les États membres fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre à la disposition de tous leurs homologues qui le désireraient, en temps réel ou quasi-réel, les données sismiques, de niveau de la mer et autres données liées aux événements « tsunamigènique » ;
Recommandons que tous les États membres fassent tout ce qui est en leur pouvoir afin de mettre aussi rapidement que possible à la disposition de leurs homologues qui le désireraient les évaluations nationales et les bulletins de tsunamis ou d’événements « tsunamigéniques » ;
Nous félicitons des diverses annonces et projets des États membres de l’océan Indien en vue de mettre en place des systèmes nationaux permanents d’alerte rapide aux tsunamis ;
Nous félicitons des intentions et des projets de l’Australie, de l’Inde, de l’Indonésie, de la Malaisie et de la Thaïlande de mettre en place des systèmes et des capacités pour déceler des événements potentiellement annonciateurs de tsunamis, détecter et mesurer les tsunamis et émettre des alertes appropriées, assorties de prévisions sur leur impact et fournir ces informations et ces alertes aux États membres intéressés ;
Nous félicitons de ce que d’autres centres puissent se créer pour servir de relais à la diffusion de l’information, de support technique et de formation, à l’exemple de celui proposé par la France pour le sud-ouest de l’océan Indien ;
Recommandons que les efforts pour mettre en place le SATOI soient soigneusement intégrés dans les efforts de mise en œuvre de la Stratégie internationale d’atténuation des effets des catastrophes (ISDR) et du cadre du plan d’action d’Hyogo ;
Exprimons notre gratitude quant aux offres généreuses, tant financières que techniques et aux autres types d’assistance faites par de nombreux pays à travers le monde dont la contribution est déterminante à la mise en place du SATOI ;
Invitons tous les États membres à fournir une assistance financière, technique ou autre, afin de promouvoir les capacités nationales et la coopération, ainsi que la préparation, l’atténuation des effets et la prévention des tsunamis, si des États membres de l’océan Indien en faisaient la demande;
Exprimons notre reconnaissance du fait que — indépendamment des mesures déjà prises ou sur le point de l’être par des pays de l’océan Indien — l’UNESCO/COI et l’ISDR pour le système provisoire d’alerte aux tsunamis, le Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique et l’Agence japonaise de météorologie sont convenus de fournir aux points de contact officiels dans l’océan Indien des informations fiables, à titre consultatif et provisoire si cela leur est demandé. Les États membres sont priés de faire connaître à l’UNESCO/COI, avant le 1 er avril 2005 les coordonnées de leurs contacts (le chef et son suppléant) désignés officiellement pour recevoir ces informations, joignables de jour et de nuit, 7 jours sur 7 ;
Nous félicitons également de la sollicitude et de l’intention généreuse de répondre à l’atténuation des cataclysmes dans d’autres océans et d’autres mers, comme celles de l’Asie du Sud-Est et la mer de Chine du Sud, dans le cadre du projet mondial ;
Notons la nécessité de mettre en place des mécanismes de coordination efficace des systèmes d’alerte aux tsunamis pour toutes les régions à risques, dans une optique mondiale ;
Remercions le Japon de la contribution qu’il a faite en réponse à l’Appel-éclair des Nations unies pour permettre la tenue de cette première réunion ;
Décidons d’étudier, entre autres, lors de la deuxième Réunion internationale de coordination pour la mise en place d’un SATOI, les questions suivantes : (a) l’analyse en continu de l’état du système et sa performance ; (b) la coordination des activités des donateurs et autres activités en rapport avec les tsunamis ;
Recommandons que le Secrétariat de la COI entame des consultations avec les États membres sur la faisabilité de mettre en place des groupes de travail provisoires spécialisés sur : (a) les systèmes de mesure, y compris la gestion des données, leurs normes et leur compatibilité d’ensemble ; (b) la gestion des risques, y compris leur évaluation et leur modélisation ; et (c) les systèmes d’alerte, y compris les moyens de diffusion et de communication. Le Secrétariat de la COI présentera à la réunion d’avril un rapport sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de cette recommandation ;
Remercions la République de Maurice de l’offre généreuse, que nous acceptons, d’accueillir la deuxième Réunion internationale de coordination pour la mise en place d’un système d’alerte aux tsunamis et d’atténuation de leurs effets dans l’océan Indien, qui se tiendra entre hauts responsables à Port-Louis, du 14 au 16 avril 2005.
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